dFakto vient de lever plusieurs millions. À sa tête, Thibaut De Vylder, un ingénieur commercial devenu pionnier de l’utilisation des données en entreprise.

Quel est le rapport entre l’hôpital Brugmann, qui au plus fort de la crise du Covid-19 devait gérer et visualiser en temps réel la situation de ses lits et de son personnel soignant, une grande banque européenne qui gère des plans stratégiques de transformation d’autres acteurs bancaires et le rachat de Fortis par BNP? dFakto, une société technologique belge bien loin du cliché de la start-up, avec à sa tête Thibaut De Vylder.

Le fondateur de dFakto n’est pas fraîchement diplômé d’une école de commerce comme pourrait le faire croire l’activité de son entreprise qui permet de traiter, analyser et interpréter des données. On pourrait même qualifier Thibaut De Vylder de pionnier de l’utilisation des données au sein des entreprises en Belgique. Il a débuté sa carrière professionnelle en 1996 chez DMS Consulting avec comme mission le déploiement informatique de la Générale de Banque. L’énorme projet s’est arrêté avec l’arrivée de Fortis, ce qui a décidé Thibaut De Vylder à lancer son aventure entrepreneuriale en 2000 avec comme premier client… Fortis. Un premier client qui lui restera fidèle jusqu’aujourd’hui et qui lui a permis d’éprouver son modèle de collecte d’informations simplifiée et de production de rapports précis et réguliers, une innovation à l’époque. Le modèle fonctionne et les clients affluent avec l’avantage d’attirer des gros poissons qui doivent gérer beaucoup d’informations, de sources de données et d’employés simultanément.

Ingénieur commercial de formation, Thibaut De Vylder fait évoluer sa technologie. Il fait du croisement de données provenant de plusieurs sources la spécialité de dFakto. Les données sont une mine d’or, mais si elles comportent des erreurs ou sont mal triées, elles sont inutiles, et ça il l’a compris très tôt. “Bien utilisées, elles peuvent par contre être à la base de chaque décision importante.”

Avec les années l’entreprise se mue en partie en société de conseil tout en gardant son côté “solution”. Uniquement connue de ses clients pendant 20 ans, l’entreprise s’ouvre et apprend à communiquer. “Pour faire une analogie automobile, pendant 20 ans on était très doués pour parler du carburateur, pas pour vendre la voiture.” Pour arranger ça, l’entreprise lève aujourd’hui plusieurs millions pour doper ses ventes.

 

Pas prophète en son pays

Si plusieurs grandes entreprises privées belges sont clientes chez dFakto, Thibaut De Vylder a un petit goût de trop peu en matière “gouvernementale” en Belgique. “À l’étranger on aime notre pragmatisme belge et nous avons des clients du secteur public partout dans le monde, mais bizarrement pas en Belgique.” C’est un regret pour l’homme, qui espère pouvoir apporter son expertise pour servir le public grâce aux données. Un indispensable pour une bonne gestion transparente, selon ses dires, lui qui prône auprès de ses employés la transparence et la libération de l’entreprise avec le moins de hiérarchie possible. “Je suis le patron, mais pas forcément le chef.”

 

Source: https://www.lecho.be/entreprises/media-marketing/thibaut-de-vylder-diriger-par-la-donnee/10318079.html

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